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  • Le printemps, ses hirondelles et ses bonnes nouvelles – 4 mai 2026

    de Monique Baujard

    Avec le printemps, sont arrivées enfin quelques bonnes nouvelles. Il faut parfois aller les chercher un peu loin, mais toutes ouvrent une porte sur l’avenir.

    La première, ce sont les élections en Hongrie. D’abord, c’est réjouissant de voir que l’alternance démocratique peut encore se faire dans la joie et la paix. Cela nous a paru une évidence pendant longtemps mais, dans le chaos de ce monde, les régimes démocratiques deviennent l’exception à la règle. Tant mieux si les pays européens peuvent continuer à montrer que la démocratie est possible et souhaitable. Ensuite, c’est rassurant de voir que les électeurs hongrois ne se sont pas laissés influencer par les ingérences russe et américaine en faveur de Victor Orban. Ils ont su se former leur propre opinion à partir de la réalité de leur pays. Et cela est encourageant car ces mêmes ingérences vont être à l’œuvre pour influencer les élections présidentielles en France l’année prochaine. Les électeurs français auront aussi à faire la part des choses entre propagande étrangère et intérêt général de leur pays. Enfin, cela ouvre la voie à ce que l’Union européenne joue davantage son rôle sur la scène internationale. La règle de l’unanimité, qui prévaut pour un certain nombre de décisions, a permis à Victor Orban de bloquer bon nombre de projets, dont le prêt de 90 milliards en soutien à l’Ukraine.

    Dans un tout autre domaine, c’est au beau milieu de la crise provoquée par la guerre en Iran et le blocus du détroit d’Ormuz, qu’une bonne nouvelle émerge. L’effet yoyo de cette crise sur les prix du pétrole a permis une prise de conscience de notre dépendance énergétique. Et celle-ci est en passe de réussir là où les rapports du GIEC et toutes les considérations écologiques ont échoué : convaincre les dirigeants politiques et la majorité de nos contemporains de la nécessité de sortir des combustibles fossiles. En France comme en Europe, de nombreuses voix se lèvent pour saisir cette occasion pour construire une véritable souveraineté énergétique à partir d’énergies renouvelables et du nucléaire. Le Shift Project, présidé par Jean-Marc Jancovici, propose ainsi une vingtaine de chantiers pour « réussir la transition dans l’incertitude ». Ce rapport forme la première partie d’un « Plan robuste de l’économie française » qui sera publié à l’automne (theshiftproject.org). Notre journal y a consacré son dossier le 23 avril dernier. C’est un énorme travail à mener et il faudra trouver une majorité parlementaire pour le soutenir. Même si dans l’immédiat, ce projet ne soulage en rien ceux qui subissent de plein fouet l’augmentation des prix des carburants, il permettra à terme de mettre les citoyens à l’abri de tels aléas. Et l’idée que nous pouvons encore agir sur nos modes de vie est enthousiasmante.

    Enfin, dans l’Église, la bonne nouvelle nous vient de Rome. Alors que certains évêques français sont à tel point éblouis par le nombre des nouveaux baptisés qu’ils en oublient que le synode continue et fera l’objet d’évaluation en 2027 et 2028, un petit livre étonnant vient nous rappeler que dans l’Église, ce ne sont pas les chiffres qui comptent. Ce livre est écrit par Armando Matteo, le secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, donc l’organisme qui veille sur l’intégrité de la foi catholique. Et cet homme, au cœur de l’institution, explique que le futur du christianisme ne réside pas dans la conservation des structures mais dans la capacité de l’Église à proposer la figure du Christ comme guide pour une vie heureuse et qui fait sens. Son livre, pour lequel on attend la traduction française, est intitulé « La fortuna di essere irrilevanti », ou « La chance de ne plus compter », avec comme sous-titre : « Transformations structurelles d’une Église dont personne ou presque n’attend plus rien ». Pour l’auteur, le fait que personne n’attende plus rien de l’Église est une chance. Cela lui offre la liberté de changer, de cesser d’être un centre de pouvoir pour devenir le compagnon de route des femmes et des hommes d’aujourd’hui. Cela passe par une transformation des paroisses en carrefours de rencontres et communautés fraternelles, par la prise de conscience que les sacrements ne sont plus les rites de passage et par une nouvelle approche de la liturgie pour qu’elle redevienne un lieu de rencontre avec le Christ pour tous. Pour l’auteur, les chrétiens doivent accepter de briller non par leur nombre, mais par la qualité de leurs propositions et des liens fraternels tissés. C’est une voix courageuse et bienfaisante qui dessine l’avenir pour une minorité chrétienne qui vit au plus près de l’Évangile et joue ainsi un rôle prophétique dans la société. A méditer pour et par Les Amis de La Vie !

    Monique Baujard

    Présidente des Amis de La Vie

Université 2026 :  rendez-vous au Croisic !

Contact : universites@amisdelavie.org

Mèls à foison, cafés expresso, agendas bourrés… De charrettes en surbookings, jamais une époque n’a semblé aussi pressée que la nôtre ! Les machines, pourtant, nous promettaient de gagner du temps. Pour vivre. Or voici que, rivés à nos smartphones, c’est l’inverse qui survient. Pourquoi le temps nous manque-t-il tant, désormais ? La plainte de toute la société à ce sujet nous envoie un signal : il devient urgent de réhabiliter le temps long. C’est à cette passionnante question que s’attaquera l’université 2026 des lecteurs de La Vie. Elle se tiendra au Croisic (44), du 4 au 8 octobre. Dans un an donc : on a le temps !

Julien Motte

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