Méditation du 15 juillet
vendredi 15 juillet 2011, par
Par Guy Aurenche
Marcher. Rencontrer. Se confier (photo : un chemin)
Là se joue l’espérance.

1 / MARCHER
Attention : l’espérance, cela n’existe pas ! Ce n’est pas réalisé une fois pour toutes ! Ce n’est pas un état, une qualité ou un défaut qui nous serait donné une fois pour toutes.
L’espérance, cela se marche, se chemine, se piétine...
L’espérance comme un CHEMIN.
Ce chemin c’est le nôtre. Celui des femmes et des hommes qui nous entourent. Ici tout près... comme au loin à travers le monde.
Ce chemin, c’est celui que nous allons emprunter, aujourd’hui, demain.
Ce chemin me rappelle deux histoires de chemins dans l’Evangile. Histoires de cheminement. De déplacement.
Le chemin qui allait de Jérusalem au petit village d’Emmaüs.
Et le chemin qui allait, qui va, de Jérusalem à Jéricho.
Pas facile d’espérer sur ces chemins. Pas facile d’espérer sur les chemins du monde.
Sur le chemin qui mène de Jérusalem à Emmaüs…. Fuyons ! Les nouvelles de Jérusalem sont trop accablantes. Notre ami, notre espoir a été tué.
Fuyons … les nouvelles du monde sont trop accablantes. Les violences explosent. Les injustices dominent. Les efforts de progrès semblent étouffés.
Pas beaucoup plus brillant… sur le chemin qui conduit de Jérusalem à Jéricho.
Encore une personne, un peuple attaqué par des voyous, des bandits, des terroristes, des super-puissants… Une nouvelle victime gît dans le fossé.
Les victimes de violences de notre monde se comptent par millions. Et face à ces violences, le repli sur soi, le sauve qui peut, l’individualisme pressé qui semble l’emporter.
Pourtant sur ces chemins des hommes, des femmes marchent. Marchent encore.
Ils parlent. Ils se disent les fragilités comme autant de détresses. Ils savent… mais ils marchent encore.
Ils regardent autour d’eux et voient les dégâts des violences.
Certains savent, mais ne s’arrêtent pas. D’abord ne pas être en retard à la messe ! Ne pas être en désaccord avec les autorités. J’ai mon rang à tenir, mon devoir institutionnel à faire.
Un autre voit et s’arrête. Il est étranger. Exclu. Un fêlé sans doute ? Il pourrait être un peu nous.
Pas facile de marcher, d’espérer sur les chemins du monde.
Mais ils marchent. Nous marchons.
ÉSPÉRER. MARCHER.

2 / RENCONTRER (photo, rencontre à Taizé et bougies).
Sur les deux chemins comme sur notre chemin se joue une histoire de rencontre, de relation, d’approchement.
Sur le chemin qui mène à Emmaüs, Jésus s’approche, se fait le proche, le prochain. Et la rencontre a lieu.
DE QUOI PARLIEZ-VOUS …au Domaine Saint Joseph à Ste Foy lès Lyon ?
Il écoute. Jésus nous écoute.
Il explique. Jésus nous explique.
Il secoue. Jésus nous stimule.
Sur le chemin de Jérusalem à Jéricho, un homme s’approche de la victime. Il se confronte aux injustices, à la violence, à la misère.
Il RUGIT en son cœur, et il AGIT.
Une rencontre. Des actes plus ou moins grands.
Comme autant de lueurs dans les ténèbres.

RENCONTRER. ESPERER
3 / SE CONFIER (photo de chemin).
Mais rien n’a changé sur ce chemin. Sur notre chemin après ces cinq jours d’université d’été, rien n’a changé ?
Pourtant après cette rencontre, après les approchements sur ces chemins… Tout a changé !
Les compagnons d’Emmaüs ont chaud au cœur. Et ils repartent. Repartent vers la ville. Vers leur frères,. Vers la politique.
La victime est soignée. Elle se rétablit, se relève, ressuscite. Bientôt elle quittera l’hôpital.
Rien n’a changé et pourtant ils sont relevés. La résurrection. Le relèvement est bien là.
Où sont-ils ?
Ils sont dans le geste de confiance partagée. Se confier.
Les compagnons d’Emmaüs se confient l’un à l’autre. Ils se confient à Jésus. Jésus se confie à eux, jusqu’à partager le pain et sa vie avec eux.
Le Samaritain s’approche « en confiance » de la victime. Il ne lui demande pas ses papiers. Il confie son argent à l’aubergiste. La victime lui fait confiance, elle s’en remet à lui.
TOUT A CHANGE SUR LE CHEMIN DE LA CONFIANCE.
De la confiance en actes, en paroles actées, en présences… Serez-vous là ?
Une présence. Ta présence. Ma présence. Notre présence, et à travers toutes ces présences, la présence de Jésus.
En effet Jésus est bien présent sur le chemin d’Emmaüs. Ils s’adressent à nous De quoi avez-vous parlé ? Mais regardez autour de vous. Voyez les signes des temps. Comprenez l’amour qui vous guide.
Jésus est celui qui s’est approché, qui s’approche amoureusement.
Sur le chemin, qui mène à Jéricho…Jésus est également présent.
Jésus gît dans le fossé !
Il est le fragile, la victime.
Il se confie à nous : « ce que vous faites au plus petit, c’est à moi que vous le faites ! »
Jésus demande notre approchement. Il se confie à nous.
SE CONFIER. ESPÉRER.

