1 / Il fait chaud sur notre monde fragile :
--- fragile mais pas désespéré.
--- fragile mais digne et capable de se mobiliser.
--- fragile mais libre et capable de se libérer des oppressions politiques, culturelles, religieuses…
Il fait chaud sur notre monde fragile.
Comment recevons-nous cette image d’une manifestation lors des évènements de Tunis ?
- Ils ont raison de protester, mais ils oublient qu’ils sont si fragiles, si manipulables. Qu’il ne suffit pas de quelques tweeters, de quelques messages pour changer la société.
Et pourtant, si avec leur fragilité, ils avaient contribué à changer les désordres installés ??
- Ils ont raison de manifester, mais ils oublient « qu’ils sont faits pour mourir »… D’ailleurs ils meurent nombreux chaque jour en Syrie ! Un milliard de femmes, d’hommes, d’enfants souffrent de mal nutrition. Dans le Maghreb près de 40% de la jeunesse est sans travail régulier. Vraiment ils oublient qu’ils sont faits pour mourir.
Et pourtant, si avec leur fragilité, ils avaient redit que les hommes ne sont pas faits pour mourir mais « pour naître, pour initier… ! »
2 / Il fait chaud sur notre monde fragile.
Jésus, en débarquant, vit une grande foule et il en eut pitié, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
« Nous ne pouvons pas les renvoyer ainsi. Ils vont défaillir en chemin ! »
Il fait chaud sur notre monde fragile. Et la parole se fit entendre : « DONNEZ-LEUR VOUS-MEMES A MANGER ! »
Mais nous n’avons que cinq pains et deux poissons !
DONNEZ-LEUR VOUS-MEMES A MANGER !
Que faire face aux fragilités de notre monde ?
- D’abord se taire. Prendre le temps du silence, non pour se résigner mais pour entendre la voix des souffrants. La souffrance, les fragilités les plus profondes se cachent toujours.
Pour mettre en œuvre le « va-et-vient entre la parole des souffrants et le souci des veilleurs » (Bruno Marie Duffé). Premier pas de la solidarité.
- Prendre un temps d’humanité, c’est à dire d’humilité. L’humilité ni pleurnicharde, ni froussarde, ni démissionnante. L’humilité de la patience compréhensive, comme un temps de résistance face à certaines logiques modernes pressées, efficaces, matérialistes et concurrentielles. Nouveau pas de solidarité.
- Être là ! Ces foules nous crient, ces jeunes nous crient : « êtes-vous là, à nos côtés ? Serez-vous là, à nos côtés au moment de la reconstruction ? Au moment de la TRAVERSÉE vers la vie, vers la naissance ?
- Savoir avec nos moyens fragiles, être là, à travers une association, avec un chèque, un bulletin de vote, un journal courageux, à travers une prière, une poignée de main, un accueil. Encore un pas de la solidarité.
3 / Face aux fragilités de notre monde :
- Dénoncer et Annoncer…. Une présence qui donne vie.
La Bible le crie : « J’ai vu, j’ai vu, la souffrance de mon peuple. J’ai entendu, j’ai entendu ses cris ! » (Livre de l’Exode, de la traversée).
Et le Tout Puissant envoie Moïse, nous envoie aujourd’hui, trouver tous les pharaons du monde.
- Briser les solitudes.
Changer patiemment les systèmes.
Partager les avoirs.
Vivre une présence de confiance.
« Donnez-leur vous-mêmes à manger, et il ordonna de les faire asseoir sur « l’herbe verte »… par petits groupes.
« Tous mangèrent à satiété… et l’on ramassa douze couffins de morceaux de pain et de restes de poissons. »
ÊTRE-LA !
Face aux fragilités du monde ne pas oublier la question qui nous est posée : « Serez-vous là. Êtes-vous là ? …au moment de la naissance, de la traversée, de la résurrection… du surgissement de la vie ?