CORREZE - Nos responsabilités face à la crise économique et financière
groupe local de Corrèze (19)
vendredi 15 juin 2012
Le 12 avril, le groupe des Amis de La Vie de Brive a accueilli Jean Merckaert sur le thème de nos responsabilités face à la crise, avec comme question : « Quelles responsabilités individuelles et collectives portons-nous, citoyens, chef d’entreprises, élus et gouvernants, états, organismes supra nationaux dans cette crise ? »
Jean Merckaert est le rédacteur en chef de la revue PROJET, éditée par le CERAS. Il est intervenu auprès du CCFD pendant 8 ans. Dans ce cadre, il a rédigé plusieurs rapports sur le thème des biens mal acquis (Guinée Equatoriale). Il a travaillé sur la question de la dette des pays du sud et l’activité des paradis fiscaux.
Jean Merckaert se définit lui-même comme un « citoyen militant, un chercheur de sens ».
Il explique pourquoi nous assistons à la captation sans précédent du pouvoir et des richesses mondiales. « Il nous faut refuser la fatalité par responsabilité envers les générations futures à qui nous souhaitons léguer un monde acceptable. »
Cette captation du pouvoir constitue un réel danger car elle menace la démocratie !
POURQUOI ?
1/ Explosion de la sphère financière
* Boom des prix de l’énergie
* Accumulation de réserves en devises des pays émergents.
* Incitation à l’endettement.
* Passage de pans entiers du public au privé.
* Explosion des hauts revenus.
2/ Différentiel de la sphère de mobilité
Inversion du rapport de force entre les états et les banques et/ou les multinationales.
3/ Concentration du pouvoir économique
Ex : Seita —> Altadis —> British Tobacco.
Concentration du pouvoir économique par trop peu d’acteurs.
COMMENT ?
1/ Grâce à des stratégies d’influence
*Le lobbying permet l’adoption de loi autorisant par exemple le trading haute fréquence ou l’assurance sans détention d’actif.
*Le financement de campagnes électorales (financements illicites)
*La consanguinité des milieux dirigeant : Le patron de la BCE était l’ancien vice président pour l’Europe de Goldman Sachs.
2/ Par des intérêts privés
*Comptes des banques et des établissements financiers.
*Certains états (paradis fiscaux) sont la voix des intérêts privés.
*L’édiction de normes
Enfin Jean Merckaert pose les questions de tout un chacun :
« Qui est le responsable de cette crise ? »
« Qui sont les détenteurs de capitaux ? »
« A qui demander des comptes quand on a du mal à identifier l’adversaire ? »
« On n’y voit rien … On n’y comprend rien… Alors on confie tout cela à des experts… »
Comment est-il possible que la France soit endettée alors que les dépenses de l’Etat ont diminué de 2% en vingt ans ? Aujourd’hui les recettes ont fondu en parallèle à une inflation des exonérations fiscales(les niches fiscales correspondent à 90 Milliards d’€ par an !). Les taux d’intérêts représentent des sommes considérables.
Jean Merckaert éveille en nous un sursaut citoyen :
« Il faut refuser la fatalité, et ce sentiment d’impuissance qui nous habite ».
« Par principe » nous dit-il très justement, car si nous ne nous battons pas maintenant, alors… Quand ?
Il nous appelle à « dompter la Bête » pour cela les leviers sont multiples :
Il faut développer un système économique parallèle dont nous serions acteurs et dont nous aurions le contrôle. Par exemple : relocaliser les économies alternatives(AMAP),adhérer aux banques mutualistes.
Il faut « remettre des règles » à un niveau politique (16 régions de France se sont engagées à lutter contre les paradis fiscaux).
Il faut imposer un code de déontologie aux professionnels de la finance ( demander des comptes en tant qu’actionnaire).
Il faut utiliser les instances syndicales pour leur pouvoir de contrôle des finances des sociétés.
Et sur un ton résolument optimiste Jean Merckaert nous affirme que les progrès sont possibles, que face à cette crise il faut nous rappeler que « les batailles se gagnent collectivement ».
Marie Jo Frescaline/Eric Bony